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4 août 2009

Thomas Florschuetz, Rencontres d’Arles 2009

Lorsque François Hébel m’a proposé en février de cette année d’exposer une fois encore les travaux de 1987 aux Rencontres d’Arles de 2009, j’ai tout d’abord réagi de façon sceptique. Mais, après une courte réflexion, j’ai trouvé extrêmement passionnante l’idée de les prendre comme point de départ d’un espace qui dépasserait ces bornes temporelles, montrerait un travail signifiant des années 1990 et s’étendrait jusqu’au présent immédiat.

Au début se trouvent ainsi quelques représentations de mon corps et de mon visage, toujours prises en noir et blanc au moyen format. Ce sont, si l’on veut, de petites performances, mises en scène uniquement pour l’oeil de la caméra, desquelles sont issus de la majeure partie des tableaux pluripartites. Cet ensemble commencé autour de 1983/1984 a été arrêté au début de l’année 1988 après mon départ de la République Démocratique Allemande. Dans les années suivantes, le corps est resté le sujet exclusif de mon travail ; la structure et la forme ont varié et la couleur est désormais devenue l’élément essentiel de mon travail.

En 1997, j’ai photographié durant quatre mois une fenêtre de mon appartement d’alors à Kreuzberg (Berlin), toujours la même fenêtre, qui était en butte à la modification continuelle de son apparence par le changement de lumière et aux petites variations de son aspect. Un grand nombre de mes oeuvres pluripartites résulte de ce matériel, ordonné au début de façon linéaire, en mettant l’accent sur le grand format d’éléments isolés, et plus tard comme des tableaux ordonnés en des suites se chevauchant, avec des images irrégulières dans leur composition et essentiellement petites. Ceux-ci devaient souligner l’irrégularité de la forme d’ensemble que les caractères du travail mettaient en relief. Ils portaient un titre jugé comme programmatique Multiple Entry (choix multiples). Et ils forment simultanément la transition vers le troisième élément de mon installation à Arles.

Il s’agit de quatre photographies d’une série de 2006, Palastbilder (Les images du Palais). Ce cycle provient de la démolition du Palais de la République à Berlin, un des plus prestigieux édifices de l’époque de la RDA déchue. Il montre le palais déjà complètement dépouillé dans son antre, sa structure intérieure brute, où affleurent, dans une suite de situations, de façon kaléidoscopique et parfois aussi emblématique, l’environnement extérieur à travers les grandes fenêtres du bâtiment, clairement délimité par la succesion des vitres.

Thomas Florschuetz, mars 2009.



Thomas Florschuetz a été exposé aux Rencontres d’Arles en 1987.


Exposition présentée à l’Atelier de Maintenance, Parc des Ateliers, Rencontres d’Arles 2009.