logo
fr en
close post
23 juillet 2002

Zineb Sedira, Le territoire du déplacement

Algérienne, née en France, Zineb Sedira s’est exprimée sur sa culture d’origine, celle de l’ex-colonisé. Une culture de l’ombre qui correspond à la discrimination raciale vécue par les immigrés maghrébins. Les gens rasaient les murs. Cette expression qu’on retrouve presque littéralement dans son travaux Exilées et dans Outlining myself. En photographiant une partie du corps de femmes et leurs ombres entières projetées sur les murs, c’est aussi d’une autre forme d’exil qu’elle parle. Celui plus insidieux de l’altérité du moi. Ne pas retrouver l’image intacte de soi dans le regard des autres. Cette amputation, cette extinction des lumières sur une appartenance décriée atteignent le corps et ses contours dans leur propre définition. 

Dans la série Sisters and Mother ou Self Portrait of the Virgin Mary, images dédoublées de femmes drapées dans des voiles blancs, c’est avec le double concept de virginité et d’oppression qu’elle manie ses images. 

Correspondance avec le christianisme et référence à l’islam par le port du haïk traditionnel algérien qui recouvrait les femmes dans un savant drapé et qui s’oppose au voile noir des islamistes. 

Voile oppresseur ou virginal ? En remettant en cause l’imaginaire orientaliste, cette série, où on ne voit apparaitre que les yeux sur une seule image, se charge d’un regard émancipateur des préjugés portés avec ironie par le double titre.

Cette distorsion de l’image, elle la reprend dans Ne lui faites pas ça, où, dans un défilé de photos Noir et Blanc, elle met en scène en se couvrant la tête en plusieurs étapes, tel un rituel, d’un foulard où figure en forme de tampons le portrait de sa sœur, la tête nue, les cheveux dénoués. 

Michket Krifa, mais 2002, Commissaire de l’exposition. 


Exposition présentée à la Chapelle Saint-Anne, Rencontres d’Arles 2002.